L’impact économique de la LGV sur la métropole

Plusieurs centaines d’acteurs se sont penchés sur les effets de la ligne à grande vitesse sur le développement.

Ceux qui ont fait le déplacement de la Cité du vin le 1er septembre dernier ne l’ont pas regretté. Car pour ce forum organisé par la Métropole et Euratlantique et destiné à mobiliser les énergies de tous pour tirer au mieux parti de l’arrivée au mois de juillet de la Ligne à grande vitesse (LGV), on n’a pas manié la langue de bois. Ce train tant désiré, en favorisant les échanges avec la région Ile-de-France « aura un impact significatif sur le développement du secteur tertiaire supérieur », a insisté Luc Federman, directeur général adjoint du pôle transport à la Région Nouvelle-Aquitaine. De fait, ce rétrécissement de l’espace-temps entre les villes (lire cidessous) est un facteur d’attractivité des jeunes et des talents, des startup et des entreprises que les prix du foncier plus bas pourraient intéresser ainsi que des touristes déjà omniprésents à Bordeaux.

30 000 emplois

« Il y a encore assez peu de surfaces adaptées aux TPE et PME de la nouvelle économie dans la métropole »

Le plan stratégique d’Euratlantique prévoit d’ici à 2030 la création de 30 000 emplois dans le quartier d’affaires autour de la gare, dont 15 000 venus d’ailleurs et non pas le fruit de relocalisation interne au territoire métropolitain, comme la Caisse d’épargne, la Caisse des dépôts ou Allianz : « Nous sommes, c’est vrai, encore loin du compte pour ce qui est des entreprises venues de l’extérieur mais la machine est bien lancée et nous sommes optimistes », assure Stéphan de Faÿ, le directeur général d’Euratlantique. Mais la période des grandes délocalisations parisiennes est terminée. Il est fini le temps où un président ou un Premier ministre pouvait, comme à Lille dans les années 1990, décider de l’implantation d’une grande banque nationale. « Le remplissage de cette zone en emploi dépend aussi d’un certain nombre d’actions précises qui faciliteront les implantations », explique Jean-Baptiste Rigaudy, le directeur de la prospective urbaine à la Métropole.

Espaces collaboratifs

Et celles-ci ont été très clairement listées par les professionnels présents à la Cité du vin. Il y a d’abord assez peu de surfaces adaptées aux TPE et aux PME dans le quartier mais plus largement dans l’agglomération. Le succès d’espaces collaboratifs Darwin démontre clairement que l’offre d’immobilier doit être plus diversifiée et plus adaptée aux besoins de la nouvelle économie. C’est le cas de la Cité numérique (lire par ailleurs). La création d’un guichet unique d’accueil des entreprises qui frappent à la porte chargé de résoudre tous les problèmes rencontrés apparaîtrait comme un plus. « Nous devons aussi donner une plus grande visibilité aux emplois existants et aux entreprises qui recrutent », a insisté ce consultant. Les questions de fluidité d’accès au quartier d’affaires, notamment en Bus à haut de niveau de service (BHNS) et de parkings sur place ont aussi été mises en avant. C’est aussi en offrant une palette de logements temporaires pour les nouveaux arrivants, star-uppers et milieux culturels, par exemple, que la Métropole se donnera les moyens de gagner la bataille économique de la LGV.

JEAN-BERNARD GILLES