7 000 emplois par an

En adoptant sa feuille de route, la Métropole veut se donner les moyens d’une création d’emplois durable. Les ambitions sont élevées. Plusieurs leviers seront actionnés.

La métropole bordelaise est aujourd’hui à la croisée des chemins. Elle doit sans doute encore rénover ses espaces publics, améliorer son cadre de vie et son offre de transports. Sa notoriété est mondiale grâce au vin. Son cadre de vie de moyenne métropole européenne est sa force. Mais ses succès touristiques et sa nouvelle attractivité résidentielle l’obligent à hisser son niveau de création d’emploi.

Dans la feuille de route économique que les élus ont adoptée à la fin de l’année 2016, l’objectif de création de 100 000 emplois d’ici à 2030 a été adopté. Il est ambitieux. Car il suppose une création nette d’emploi durable de quelque 7 000 par an. Quand la moyenne de ces dernières années oscillait entre 3 000 à 4 000. Ambitieux mais pas impossible. De juin 2015 à juin 2016, selon les chiffres de l’Urssaf Aquitaine, la Métropole a su créer 7 900 emplois net dont 1 200 grâce au secteur intérimaire qui a connu une embellie grâce à l’Euro de football. Mais l’assurance, l’informatique et les services à la personne et aux entreprises cartonnent. « C’est bien la preuve que ce score annuel est possible », se félicite Virginie Calmels, vice-présidente de la Métropole aux affaires économiques et cheville ouvrière de ce nouveau chantier, économique celuilà.

Optimiser les effets de la LGV dès juillet 2017

L’événement sera sans doute le moment de la bascule. Du projet urbain au projet économique global. Le monde des affaires a certes évolué depuis que Lyon ou Lille sont reliés à la grande vitesse. Mais rejoindre la gare Montparnasse, en à peine plus de deux heures, accroîtra les volumes d’affaires des entreprises bordelaises et permettra l’implantation de nombreux entrepreneurs, du numérique et des filières créatives. Le mouvement est engagé.

Valoriser les territoires de projets existants

Euratlantique, créé il y a sept ans désormais, avance à grands pas. Entré dans la zone radar des investisseurs, il est à la recherche de ses enseignes symboles qui conforteraient le décollage du quartier d’affaires. « Nous avons de bons espoirs dans le numérique, dans l’aéronautique, voire dans l’audit et la finance, de convaincre une belle signature », indique Virginie Calmels qui mise aussi sur le développement de nombreuses filières de formation aux métiers de la nouvelle économie. Mais c’est aussi de Mérignac et du campus que viendront les emplois de demain. La filière aéronautique avec le soutien aérien en pointe grâce à l’armée de l’air, Thales, et Dassault sera également contributrice à cet objectif. Tout comme le secteur du Campus et de ses environs où prospèrent l’innovation et le transfert de technologie.

C’est également de ces entrepreneurs du chiffre, de l’artisanat ou de l’économie sociale et solidaire que viendront les créations d’emplois. Et de ces nombreuses pépinières, comme Technowest à Mérignac, ou Newton à Bègles, « à qui il faut laisser de la liberté », estime l’adjointe au maire de Bordeaux.

Adopter de nouveaux modes de développement

C’est sans doute là où les changements sont les plus notables. La Métropole est désormais plus encline à déléguer qu’à faire elle-même. Et elle accepte le leadership économique de la Région. « Nous devons agir sur l’environnement et mieux utiliser les compétences de chacun », explique Virginie Calmels. Bordeaux exerce incontestablement un magnétisme résidentiel. Il lui faut le transformer aussi en emploi durable. C’est le pari politique de la mandature. Et au-delà.

JEAN-BERNARD GILLES