L’énergie de la matière grise

40 000 emplois sont recensés autour du campus jusqu’aux hôpitaux. À haute valeur ajoutée

« Notre ambition est de faire mieux travailler ensemble des acteurs de premier plan qui fonctionnent aujourd’hui en silos », explique Franck Raynal. Le maire de Pessac est le viceprésident de la Métropole en charge de l’enseignement supérieur. Il préside aussi l’Opération d’intérêt métropolitain Bordeaux Inno Campus. Pas facile pour la Métropole d’agir sur un territoire où l’Université de Bordeaux est puissante, où les outils de transferts de technologie et autres pépinières ne l’ont pas attendu pour se développer et où les grandes entreprises, de l’informatique, du laser ou du médical, sont plus naturellement tournées vers la Région qui a la compétence économique. Mais il était difficile de ne pas agir sur un secteur qui englobe le campus jusqu’à Carreire et Gradignan, et Pessac-Bersol jusqu’aux franges de Canéjan.

Le secteur accueille environ 65 000 étudiants, huit centres hospitaliers, des ténors de l’informatique et du médical, la Cité de la photonique. Il concentre plus de 3 000 chercheurs sur un total de 4 000 emplois, parmi lesquels la plus forte densité des emplois métropolitains supérieurs de la Nouvelle-Aquitaine (CEA Tech, CNRS). Le tout sur un peu moins de 1 400 hectares. « Notre objectif est d’y gagner 10 000 emplois d’ici à 2030 », explique Julien Birgi, le responsable de ce projet à la Métropole.

12 hectares d’opportunités

Mais les espaces à conquérir y sont rares. Quelques franges des centres hospitaliers pourraient être cédées dans les années qui viennent. La reconversion du site de Thales de Pessac, des bâtiments anciens qui s’étendent sur 12 hectares pourrait offrir des opportunités au développement de l’e-santé. L’Université de Bordeaux, désormais maître de son foncier, a clairement dit qu’elle pouvait y accueillir des entreprises. Le pôle multimodal de la gare de l’Alouette sera le relais du Bus à haut niveau de service qui poursuivra sa route sur le campus. « Il nous faut aussi faciliter la vie et les transports doux sur le site lui-même », explique Franck Raynal. Car le tramway ne traverse pas la zone d’emploi de Bersol.

JEAN-BERNARD GILLES