L’e-santé, l’avenir du numérique bordelais

Le secteur est en plein essor et devrait créer de nombreux emplois dans les années à venir

« J’ai toujours été convaincue que c’est dans l’e-santé, où nous avons le plus d’atouts », avance Virginie Calmels, adjointe à l’économie à la mairie de Bordeaux. Les chiffres lui donnent raison. L’ex-Aquitaine est la première région française pour l’informatique hospitalière avec 1 200 emplois et 50 % du chiffre d’affaires national du secteur.

Deuxième région française

Pour l’heure, c’est la deuxième région française dans l’e-santé, mais elle monte progressivement en puissance. À l’image du Girondin Maincare solutions (500 salariés, 62 millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialiste de la gestion numérique du parcours du patient à l’hôpital, devenu l’un des acteurs majeurs du secteur.

Alors que l’e-santé commence à prendre son envol – on peut désormais mesurer à distance le pouls, la tension, … d’une personne ou réaliser par visioconférence des examens post-opératoires –, l’écosystème local apparaît déjà mature et bien structuré. Avec notamment Télésanté Aquitaine, un Groupement de coopérations sanitaires (GCS) qui accompagne et développe l’e-santé avec l’ensemble des acteurs de la filière. « C’est la seule région française à avoir un cluster sur les TIC santé », souligne son président, Christian Fillatreau. Un cluster, qui compte de grands acteurs nationaux, tels qu’Agfa Healthcare, mais aussi de nombreuses jeunes entreprises prometteuses, comme Interaction Healthcare, qui a lancé la première plateforme numérique pour former des professionnels de santé.

Autre signe de la qualité de l’écosystème, en septembre dernier, la pépite bordelaise eDevice (30 salariés, 50 millions d’euros de chiffre d’affaires) a été rachetée par un grand groupe américain iHealth pour 94 millions d’euros, avec l’ambition d’être le leader mondial de la santé connectée. Mais, justement, ce rachat montre aussi les limites du modèle français. « C’est la preuve que nous n’avons pas les moyens financiers de faire émerger un champion à l’échelle mondiale », regrette Marc Berrebi, co-fondateur d’eDevice.

Un marché à 4 milliards

Une chose est sûre, c’est l’un des secteurs les plus prometteurs. « C’est le meilleur moyen d’amortir le surcoût de la chronicité du vieillissement et de lutter contre les déserts médicaux », analyse Christian Fillatreau. Le marché est estimé à 4 milliards d’euros en France en 2020, contre 2,4 milliards aujourd’hui.

JEAN-BERNARD GILLES