3 questions à Christine Bost

Vice-Présidente de Bordeaux Métropole pour l’Économie sociale et solidaire

Quel est le poids de l’économie sociale et solidaire dans l’emploi métropolitain ?

L’ESS représentait en 2014, 34 917 salariés (36 000 en 2016) et 28 556 équivalents temps plein dans 2 820 établissements employeurs dont 2 468 associations et 200 coopératives. C’est 10 % des établissements employeurs de Bordeaux Métropole et 9,6 % des emplois. Les trois premiers secteurs employeurs de l’ESS sur le territoire métropolitain sont l’action sociale (12 008 salariés), l’enseignement (4 713) et les activités financières et d’assurances (4 105). Des emplois ancrés dans le territoire et qui ne courent pas le risque de la délocalisation. Et donc des emplois pérennes qui apportent du service et de la vie dans les quartiers.

Quel rôle entend jouer depuis plusieurs années maintenant, Bordeaux Métropole au niveau de cette ESS ?

Notre ambition est d’accompagner l’émergence de produits innovants dans le domaine de l’ESS et ce, notamment en soutenant et stimulant les porteurs de projet. C’est dans cet esprit que Bordeaux Métropole a lancé un appel à projets pour accompagner, pendant trois années, six initiatives liées à des compétences de Bordeaux Métropole que sont l’environnement, les déplacements alternatifs, le traitement des déchets, le réemploi et la réutilisation, etc. Parallèlement à cela, Bordeaux Métropole a créé le coup de coeur de l’initiative sociale et solidaire.

Bordeaux Métropole et l’ESS, c’est aussi un service dédié et unplan d’actions…

Oui. Nous avons un service Économie sociale solidaire avec trois agents entièrement dédiés à ce service. C’est 60 000 euros consacrés chaque année à l’ESS. Le plan d’action présenté en avril dernier en conseil métropolitain s’étend sur trois ans (2016-2018). J’ai mis un réseau de travail avec les 28 communes pour du partage d’expériences et ce, afin d’accompagner au mieux les initiatives. Nous n’avons pas quantifié le nombre d’emplois que peut créer l’ESS mais si on table sur les chiffres actuels, sur ce que représente l’ESS dans notre économie, on peut imaginer de 7 000 à 10 000 emplois supplémentaires de la métropole d’ici 2030.

À noter également que notre plan d’actions prévoit de continuer à soutenir l’ESS via la commande publique. L’idée est de faire évoluer le dispositif des clauses sociales dans les marchés publics notamment dans le cadre de la coordination des six Plie (NDLR : Plan local pour l’insertion et l’emploi) du territoire et d’ouvrir ces marchés aux entreprises adaptées et aux acteurs de l’ESS.

VALÉRIE DEYMES