« L’artisanat profite de la dynamique »

La présidente Nathalie Laporte prend la mesure de la métropolisation

«Est-ce que l’artisanat peut participer aux objectifs que s’est fixés Bordeaux Métropole de 100 000 emplois créés d’ici 2030 ? Ma réponse est oui, bien évidemment et vice versa… Car la métropole est le moteur économique pour l’artisanat de Gironde », fait remarquer Nathalie Laporte, à la tête d’une petite entreprise artisanale dans le bâtiment à Bazas. Celle qui en novembre dernier a été élue pour cinq ans présidente de la Chambre de métiers et de l’artisanat de Gironde et présidente de la Chambre interdépartementale de Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne, appuie son propos : « La métropole représente 40 % des effectifs des entreprises, des salariés et des apprentis du département, soit 13 301 entreprises, 20 000 salariés, 1 350 apprentis. » Des entreprises qui se répartissent de la manière suivante : 44 % dans le bâtiment, 33 % dans les services, 12 % dans la production et 6 % dans l’alimentaire.

Bâtiment et métiers de bouche

Et l’évolution sur sept ans est éloquente : « Le département compte une hausse de 41 % de création d’entreprises artisanales sur cette période, soit une moyenne de 5 000 immatriculations par an dont la moitié sur le seul territoire de la métropole. » L’artisanat profite de la dynamique métropolitaine autour des métiers de bouche et des métiers de service tels que nettoyage et transport en lien avec le tourisme et le tourisme d’affaires.

Le bâtiment est, lui aussi, sur la pente ascendante avec la rénovation des immeubles, le développement résidentiel mais également les aménagements de logements particuliers générés par le boom du réseau Airbnb et les équipements liés à la transition énergétique.

« Ce sont essentiellement des microentreprises soit des autoentrepreneurs qui s’installent »

Étant entendu que ce bond artisanal s’effectue de telle manière que son impact sur l’emploi est limité : « Oui, ce sont essentiellement des micro- entreprises soit des auto-entrepreneurs qui s’installent », ajoute Nathalie Laporte. « Autrement dit des professionnels, certes rattachés à la Chambre, mais dont le statut ne permet pas d’embaucher de salariés ou d’accueillir des apprentis et qui ne les soumet pas aux mêmes charges que les artisans… »

L’économie des cheveux blancs

La Chambre de métiers girondine et les collectivités territoriales travaillent, par ailleurs, de concert sur des axes de développement conjoints et notamment sur la « Silver Économie », ou plutôt l’économie autour du maintien à domicile et des services aux seniors. « Nous avons débuté un travail avec la Ville de Bordeaux sur le portage des repas, mais nous réfléchissons également, à l’échelle métropolitaine voire départementale, sur le bien vieillir et la nécessité de structurer l’offre de services et sa diffusion », ajoute la présidente.

Et d’évoquer d’autres dispositifs partenariaux notamment « pour appréhender les besoins fonciers des entreprises artisanales notamment au travers de zones d’activités et pour anticiper la transmission des entreprises et leur implantation au regard des plans locaux d’urbanisme… »

VALÉRIE DEYMES