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« Maintenir notre niveau de qualité »

Sud OuestPourquoi avez-vous quitté le site de Cantegrit ?

Olivier AmourousC’est d’abord lié à un problème de mise aux normes du site, tant en terme d’accessibilité que de sécurité et de qualité de l’installation. Nous avons réalisé des études de faisabilité pour savoir si nous pouvions rester sur place, mais les contraintes techniques étaient trop fortes. Nous nous sommes alors mis en quête d’un nouvel endroit qui soit à la fois proche du centre-ville de Bayonne et au calme.

Sud OuestComment avez-vous trouvé le site de Caradoc ?

Olivier AmourousNous avons rencontré le maire de Bayonne pour l’informer de nos souhaits. C’est finalement tombé au bon moment puisque le château Caradoc allait être disponible. C’est un pari un peu fou des deux côtés. Nous avons aménagé l’établissement en remettant en valeur le bâtiment existant, et en construisant une aile moderne. Nous avons la chance d’être installé sur un lieu facile d’accès, notamment en transport en commun, qui est paisible et très agréable. Nous avons pu y prévoir un aménagement high-tech.

Sud OuestQu’est-ce que cela représente en terme d’investissements ?

Olivier AmourousJe rappelle que nous regroupons à Caradoc les activités des cliniques de Cantegrit et Argia de Cambo, ainsi que le centre Dabanta de Bayonne. Cela représente près de 90 personnels, une trentaine d’emplois créés et un investissement de près de 15 millions d’euros.

Sud OuestQue regroupent vos activités ?

Olivier AmourousNous avons trois services d’hospitalisation complète, toutes les activités psychiatriques, de santé mentale, et celles liées aux troubles des conduites alimentaires. Nous disposons également d’un service d’hospitalisation de nuit, d’un hôpital de jour en psychiatrie, d’un centre spécialisé dans les troubles des conduites alimentaires (TCA) et d’un centre ressources de diagnostic et prise en charge des troubles bipolaires.

Sud OuestQuelles sont vos spécialités ?

Olivier AmourousNous intervenons pour les dépressions, les troubles bipolaires, les addictions et les TCA. Nous avons installé une balnéothérapie qui sert à l’ensemble des spécialités et activités de notre clinique. Avec un point important : cela reste une activité à visée thérapeutique. Il y a d’abord une analyse des indications avant d’utiliser la balnéo et l’hydrothérapie. Nous avons des personnes dédiées à ce service, ainsi que des intervenants en balnéo, des psychomotriciens, des hydrothérapeutes, des infirmières, des aides-soignants, des kinés…

Sud OuestComment s’organisent vos activités entre l’hôpital de jour et l’hôpital de nuit ?

Olivier AmourousDans les deux cas, cela reste des alternatives à l’hospitalisation. Cela permet soit à un patient d’éviter une hospitalisation, soit de la raccourcir. Le point commun, c’est le maintien du lien social et familial, ainsi que du lien professionnel.

Sud OuestQuelles sont vos démarches en ambulatoire ?

Olivier AmourousEn hôpital de jour, sont organisés des ateliers en groupe ou en individuel. Pour chacun, cela peut être une venue à la journée ou à la demi-journée. Ce qui fait la différence, c’est en fonction du projet de soins individualisés définis avec le médecin psychiatre.

Sud OuestOn entend parler de plus en plus des troubles bipolaires. Le ressentez-vous dans vos services ?

Olivier AmourousCe que l’on ressent surtout, c’est qu’ils sont mieux diagnostiqués grâce à notre centre ressources bipolaires sud Aquitaine qui travaille avec le centre expert régional universitaire à l’hôpital de Bordeaux. Le diagnostic arrive plus tôt pour une meilleure prise en charge avec un traitement et une activité de suivi, ainsi qu’un travail de groupe avec psychologues et neuropsychologues. On travaille sur l’éducation thérapeutique. Le défi, c’est vraiment le diagnostic, car il existe plusieurs phases différentes dans ces troubles.

Sud OuestQuelle est l’origine de ces troubles ?

Olivier AmourousDans cette pathologie, comme dans d’autres, un événement de la vie peut être un élément déclencheur pouvant amener à un diagnostic. La dimension de la relation à l’autre est essentielle. La notion d’alliance thérapeutique doit être présente pour enclencher une démarche.

Sud OuestQuels sont vos partenariats avec l’hôpital ?

Olivier AmourousL’hôpital est indispensable à tous les secteurs. Les parcours de soins, les territoires, c’est une obligation qui doit se transformer en réalité. Nous avons la chance d’avoir ici un hôpital fort et dynamique, ouvert aux partenariats et aux coopérations. L’hôpital prend en charge les urgences, nous sommes là pour donner des réponses post-crises et post-urgences.

L’hôpital travaille sur les mêmes pathologies que nous, et est expert sur les sevrages complexes liés aux addictions. Nous travaillons aussi avec les autres services pour les TCA sur des parcours éducatifs thérapeutiques communs avec l’hôpital.

Sud OuestQuels sont vos projets ?

Olivier AmourousDéjà, il s’agit de maintenir notre niveau de qualité. Nous avons le maximum de certification, c’est une satisfaction, mais aussi une exigence. Il faut répondre toujours mieux aux besoins.

Dans cet esprit, nous ouvrirons prochainement, en 2017, une unité d’hospitalisation de jour infanto-juvénile. Elle permettra notamment de diagnostiquer des troubles de l’hyperactivité, des addictions… C’est toujours plus facile de les traiter quand ils sont détectés suffisamment tôt. Une activité typique qui ne peut se faire qu’en réseau pour éviter que les jeunes ne se retrouvent en épisode aigu.

Propos recueillis par Pierre Sabathié