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Château Caradoc, un lieu emblématique et un pari

La nouvelle clinique, fruit du rapprochement de Cantegrit à Bayonne et Argia à Cambo, bénéficie d’un cadre unique au cœur de la ville

« Les premières personnes à qui on a parlé du projet nous ont pris pour des fous », se remémore Olivier Amourous, directeur de la clinique Caradoc et associé avec le Dr Olivier Drevon du nouvel établissement. Mettre la psychiatrie au cœur de la ville, qui plus est dans un château construit au XIXe siècle, le projet était peu commun.

« Généralement, les établissements rénovent leur propre site ou partent pour reconstruire, nous avons fait les deux. » Car les dirigeants de la nouvelle clinique, fruit du rapprochement des cliniques Cantegrit à Bayonne et Argia à Cambo-les-Bains, ont immédiatement perçu le potentiel du lieu, pour lequel la Ville de Bayonne cherchait un nouveau projet. « Rénover un château était une contrainte, mais aussi une formidable opportunité de rester en lien avec la cité, dans un environnement naturel magique, propice au calme. D’offrir un lieu qui permette aussi aux patients et à leur entourage de dédramatiser. »

Dédramatiser, décloisonner et offrir un espace apaisant, tels ont été les objectifs qui ont guidé la définition du projet, mené en concertation avec les praticiens. « Nous sommes partis de ces postulats : Comment se servir de l’architecture pour conforter la démarche de soin ? Comment créer un environnement propice à l’acceptation de la maladie et changer le regard du grand public ? », explique Olivier Amourous.

Le résultat se mesure tant dans les choix de décoration, qui misent sur la couleur et un mobilier moderne et chaleureux, que dans l’organisation même des locaux.

Le point d’accueil symbolique

Si le château ne pouvait se prêter à la mise en place d’une structure d’hospitalisation, il reste le point d’accueil unique de tous les patients, qu’ils viennent pour une consultation en libéral, une participation à l’hôpital de jour ou qu’ils entrent hospitalisation complète. Si ceux-ci sont hébergés dans un bâtiment contemporain, ce dernier est directement relié à la partie ancienne du site, qui accueille notamment les ateliers thérapeutiques et les consultations libres. Et, une fois à l’intérieur de la clinique, rien ne permet de distinguer les deux parties. « C’est une manière de ne pas isoler les patients hospitalisés, de ne pas les créer un bâtiment « réservé aux malades ». Ici, tout le monde se croise, médecins, patients, personnel, proches ».

Une unité de lieu qui répond aux aspirations des praticiens. « On s’éloigne ainsi de la stigmatisation qui malheureusement touche les patients. Ce cadre sécurise le patient et la famille. C’est aussi pour nous une façon d’amener en douceur le patient vers le soin psychiatrique. On consulte tous ici en libéral, cela nous permet d’ouvrir une première porte vers le soin, qui doit toujours être le fruit d’une volonté du patient », précise le Dr Denis Thène, président de la commission médicale d’établissement.

Cette démarche d’ouverture se traduit également par les partenariats noués à l’extérieur, notamment avec le Centre hospitalier de la Côte basque, les centres médico-psychologiques et les médecins. « La création de la clinique Caradoc nous a permis de formaliser les liens très forts noués avec les autres structures, notamment l’hôpital. Tous les projets d’activités, l’hôpital de jour, l’hôpital de nuit, le réseau Dabanta, ont été travaillés en lien avec l’hôpital, dans le but d’être complémentaires et de réfléchir en termes de parcours de soin sur le territoire », précise Denis Thène.

Emmanuelle Lapeyre